Envoi de Serge :
Une deuxième ruche !
Hier, vers 15h, je sors pour humer l'atmosphère ! et je vois de loin une
grande agitation autour de ma ruche. Depuis quelques jours déjà, j'avais
constaté la présence de visiteuses ou plutôt d'éclaireuses sur la plage
d'envol d'une ruche vide que j'avais installée à côté de la première
occupée depuis 1 an, au cas où cette dernière aurait décidé d'essaimer
faute de place. Dans cette hypothèse, j'avais parfumé avec de la mélisse
et du miel. Je m'approche donc tranquillement, comme d'habitude, en
effet, cela fait 3 ou 4 ans que je viens voir mes ruches auparavant
vides avec l'espoir de les trouver occupées. Cette fois çà y est !
beaucoup de monde autour et collées contre la ruche, des grappes
d'abeilles frémissantes, toutes placées pour indiquer la direction de
l'entrée à celles qui arrivent. La reine doit être à l'intérieur et son
odeur bat le rappel. La majorité de l'essaim a du déjà entrer, donc je ne
peux pas savoir s'il est gros ou pas ! Mais il y a du monde semble-t-il !
Vite,au risque de me faire attaquer, je tente de nettoyer à la main
sommairement, en passant entre les abeilles en vol, les abords
encombrés par les herbes, pour faciliter leur approche. J'ai le cœur qui
bat fort ! je suis fébrile et je ne sais que faire, pourtant, je m'y
prépare depuis des années !! Tout se passe très bien, les abeilles savent
ce qu'il faut faire. Mais si çà ne leur convient pas elles partiront !
Je suis tellement préoccupé que j'oublie la présence de ma première
ruche dont les abeilles vaquent à leur affaire comme si rien n'était,
pourtant placées à 1 mètre à peine. Je passe devant, je heurte leur
ruche, je les gène pour entrer, je fais du bruit, elles me contournent,
sans me piquer, comme si elles savaient que ce n'était pas le moment
d'attaquer ! Je cours chercher mon appareil photo, je préviens Christiane
au cas où je succomberais à une crise cardiaque ! Vite une vidéo !
Ouf ! tout va bien, tout le monde est rentré et à la nuit tombée je tente
une visite par la vitre que j'ai installée derrière le corps de ruche.
Vide ! plus rien dans cette partie de la ruche ! Pourtant j'entends un
bruissement important. L'ensemble de l'essaim s'est reconstitué dans la
partie haute de la hausse de ruche et s’apprête à passer la nuit au chaud !
Aujourd'hui, première sortie pour les butineuses, qui tournent en grand
nombre autour de l'entrée, examinent les points de repères, s'orientent
avant de faire une tentative plus loin. Mais pas de chance il pleut, et
pour aller se nourrir, ce n'est pas facile. Leur réserve de miel,
constituée avant de partir de leur première ruche, est épuisée. Je
crains une hécatombe, si elles ne mangent pas vite. J'ai du candi
spécial abeilles, mais je ne veux pas ouvrir la ruche pour le leur
donner, il fait frais et à l'intérieur une grappe a du se former autour
de la reine pour la protéger ; ne la dérangeons pas !. J'ai donc frotté
mon candi contre la grille du haut de la ruche pour en faire passer
entre les mailles. J'en mets aussi quelques morceaux sur la plage
d'envol. C'est la curée ! elles avaient faim, elles se sont attablées et à
défaut de nectar elles mangent ce sucre peu naturel avec avidité.
Ce matin, je soulève le toit, une bouffée d'air chaud me frappe la
figure, je regarde, vite fait, le candi que j'avais mis sur la grille du
haut de la ruche. Plus rien ! les abeilles ont réussi à tout manger par
dessous, à travers les mailles, en faisant descendre peu à peu le bloc
que j'avais mis !
Je renouvellerai l'opération encore deux ou trois fois, puis je les
laisserai se débrouiller toutes seules. Je vois qu'elles commencent à
rentrer du pollen. Elles doivent donc aussi se nourrir à l'extérieur
avec le nectar des fleurs qu'elles butinent.
Voici donc un souci de plus avec cette 2ème ruche, et ce n'est pas fini,
car la première va bientôt avoir envie d'essaimer.
Il faudra aussi la diviser pour défaire mon échafaudage de fortune et
peu conforme, pour repartir sur de bonnes bases.